L'Oeuvre
de Valerio ADAMI
Vendredi 26 septembre à 19h
Chapiteau des Jardins dans la Ville
(14,bis avenue de la 2éme DB -
ARGENTAN)
En présence de Valerio ADAMI et
de Michel ONFRAY
A cette occasion, Jean-Pierre DROUET,
percussionniste multi-intrumentiste et
compositeur français, proposera
un concert.
Entrée libre
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Valerio ADAMI
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Valerio
Adami,
le plus français des peintres
italiens, partage sa vie et son travail
entre Milan, Paris et Monaco. Il construit
son univers sur la base de photographies
et de documents découpés
dans les journaux.
Ses tableaux sont toujours précédés
d'un dessin extrêmement minutieux
et fouillé, lequel débouche
sur la construction complexe de traits
noirs qui clôturent une couleur
déposée en aplat et
étalée sans dégradé
et font penser à la ligne claire
de la bande dessinée mais aussi
aux vitraux des églises.
Valerio
Adami
réalise des compositions historiques,
des portraits ou des hommages oniriques
ou poétiques. Il s'inspire
d'artistes ou d'écrivains qui
font partie de son univers : Sigmund
Freud, Pierre Boulez, Henry George...
Il a également réalisé
des oeuvres pour des commandes publiques
dont celles de la gare d'Austerlitz
et la fresque du théâtre
du Châtelet à la fin
des années 80.
Depuis les années 90, l'artiste
retourne au dessin figuratif, dessin
qui "naît du corps".
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Valerio Adami magnifie
la grande tradition de l'énigme
en peinture.
Son monde esthétique se constitue
d'une grammaire sobre et, de ce fait,
désorientante : à plats
de couleurs simples, dessin dionysiaque,
autrement dit trait vitaliste, légers
hachurages pour des esquisses de volumes,
et toujours une histoire à
déchiffrer.
Cette exposition propose un parcours
initiatique du peintre.
Michel Onfray
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Biographie
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Adami se forme à travers l'atelier
de Felice Carena et rencontre à
Venise Oskar Kokoschka. Après
avoir étudié la peinture
à l'Académie de Brera,
à Milan, dans l'atelier d'Achille
Funi, entre 1951 et 1954, Valerio
Adami donne de premières toiles
qui se rattachent à l'expressionnisme
mais, très rapidement, il trouve
un style propre, fait de formes cernées
fortement par une ligne épaisse
et traitées en aplats de couleurs
pures ( influence surréaliste
qui demeure sous-jacente dans son
uvre ) et sans ombres.
Lors de son premier voyage à
Paris (1955), il rencontre Wilfredo
Lam et Roberto Matta. Il obtient sa
première exposition personnelle
à Milan en 1957 et y expose
ses premières uvres influencées
par Matta. À partir de cette
date, il partage sa vie entre l'Italie
et Paris tout en effectuant de nombreux
voyages à travers le monde
: Amérique du Sud, Inde (1957),
Cuba (1967), Mexique (1970), etc.
En 1968, il expose ses travaux au
Jewish Museum de New York, en 1970
à Mexico City et à Jérusalem.
Au cours des années 1970, Adami
s'affirme comme un des représentants
notables de la Nouvelle figuration.
Il développe un style pictural
psychologique caractérisé
par le dessin élaboré,
que la couleur a pour fonction de
détourner, modifier ou amplifier.
Ses uvres se singularisent par
la saturation des surfaces coloriées
où ne subsiste aucun blanc,
aucune trace de doute ou d'inachèvement.
Il définit le tableau comme
" une proposition complexe, où
des expériences visuelles antérieures
forment des combinaisons imprévisibles
". Le caractère figuratif
de ses uvres, minutieusement
élaboré par de nombreux
dessins préparatoires, ne doit
pas faire illusion : il s'agit d'une
reconstruction de la perception visant
à l'appropriation d'images
et non une référence
directe à la réalité
vue (" le tableau n'est pas fait
de la même substance que la
vision "). Les personnages, objets,
paysages s'articulent en des compositions
complexes où les rapports classiques
d'espace et de profondeur sont entièrement
bouleversés. Mais Adami a souvent
été traité de
"peintre classique" à
cause de son travail sur la ligne.
Cependant, il n'est jamais tombé
dans "la redondance néo-classique
des postmodernes".
En 1970, Adami s'installe à
Paris où l'ARC - au musée
d'art moderne de la Ville de Paris
- lui consacre une exposition. En
1985, son uvre fait l'objet
d'une importante rétrospective
au Centre Georges-Pompidou, et expose
ensuite à Tel Aviv et à
Buenos Aires. De 1970 à 1994,
il expose à la Galerie Maeght
qui deviendra la Galerie Lelong à
Paris.
Son travail sur la mémoire,
individuelle puis collective, le conduit
à aborder dans les années
1970 des portraits de célébrités
- James Joyce, Freud, Walter Benjamin
- puis des paysages et des événements
historiques - la Révolution
française - intégrant
des mots-titres peints avec soin qui
font référence à
la peinture ancienne. L'importance
attachée par Adami au dessin,
la manière dont il rapproche
des éléments culturels,
a été commentée
par des philosophes comme Jacques
Derrida ou Gilles Deleuze. Jean-François
Lyotard lui a aussi consacré
plusieurs études notamment
sur son évolution. Il résume
son travail par époque : les
années 1960 correspondant au
dénombrement des objets "
que la consommation taille dans l'âme
et le corps " ; les années
1970 marquant une série de
portraits de penseurs, d'écrivains,
de politiques de la " renaissance
moderniste " et les années
1980 qui correspondent aux "
Mémoires de l'amour, offrandes
à l'impossible union, ex-voto
aux métamorphoses du désir,
monuments à la séparation
et à la mort ".
Depuis la fin des années 1980,
Adami a exécuté des
peintures murales à grande
échelle pour divers bâtiments
publics : notamment en 1973-1974 pour
la First National City Bank de Madison
et en 1989 pour le foyer-bar du Théâtre
du Châtelet à Paris.
Il réalise également
huit vitraux pour l'hôtel de
ville de Vitry-sur-Seine (1985) et
des tableaux monumentaux pour la salle
des Pas perdus de la gare d'Austerlitz
à Paris (1992). En 1993-1994,
il a aussi réalisé quatre
peintures monumentales pour le Park
Tower Hotel à Tokyo, uvre
de l'architecte japonais Kenzo Tange.
Depuis 2004, une importante rétrospective
lui a été consacrée
au Musée Frissiras d'Athènes,
et Adami a ensuite enchaîné
plusieurs expositions personnelles
en Italie, Finlande et Espagne. Actuellement,
il travaille à la création
d'une fondation consacrée au
dessin à Meina en Italie. En
2008, une rétrospective lui
sera consacré à la fondation
Pomodoro de Milan. Et enfin depuis
2004, il est représenté
par la galerie Daniel Templon à
Paris.
Enfin on peut dire d'Adami que "Derrière
sa froideur apparente, on pourrait
dire l'élégance un peu
dandy de la forme, Adami cache inquiétude,
nervosité, impatience, et cela
se déchiffre encore mieux dans
ses dessins, qui procèdent
aussi à une sorte d'introspection
permanente de son travail, comme une
sorte de journal intime." Alain
JOUFFROY
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 Figuration
narrative
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La figuration narrative
n'a jamais été un mouvement
proclamé comme tel. Elle nait
de l'action du critique d'art Gérald
Gassiot-Talabot et des peintres Bernard
Rancillac et Hervé Télémaque
qui, en juillet 1964, organisent ensemble
au musée d'Art moderne de la
Ville de Paris l'exposition "
Mythologies quotidiennes ".
Au moment même où le
Pop Art triomphe à la Biennale
de Venise (le Grand Prix de peinture
est attribué en juin 1964 à
Robert Rauschenberg) et s'impose en
Europe, l'exposition " Mythologies
quotidiennes " réunit
des artistes qui, à l'instar
de leurs homologues américains,
placent la société contemporaine
et ses images au cur de leurs
uvres. Parmi eux, on compte
Arroyo, Bertholo, Bertini, Fahlström,
Klasen, Monory, Rancillac, Recalcati,
Saul, Télémaque, Voss
Quelques mois plus tard, le Salon
de la jeune peinture est bouleversé
par l'arrivée en force de jeunes
peintres (Arroyo, Aillaud, Cueco
.)
qui se fixent comme objectif de faire
à nouveau de l'art un outil
de transformation sociale.
Force attractive, la figuration narrative
rassemble ainsi, au cours des années
soixante, des peintres venus d'horizons
esthétiques ou géographiques
différents. Adami, Erró,
Fromanger, Stämpfli se joignent
aux promoteurs de "Mythologies
quotidiennes". Travaillant à
partir de l'image photographique ou
cinématographique, de l'imagerie
publicitaire, de la bande dessinée
ou même de la peinture classique,
ils aboutissent à des uvres
qui détournent la signification
première de ces représentations
pour en révéler des
sens inattendus, suggérer d'autres
narrations, montrer leurs implications
politiques.
Au cours de ces années, la
figuration narrative se démarque
de la neutralité sociale de
l'Ecole de Paris aussi bien que du
formalisme du Pop Art américain.
Elle dénonce les aliénations
de la vie contemporaine. L'effervescence
de la fin des années soixante
favorisera d'ailleurs l'engagement
des plus militants parmi les peintres
de ce mouvement dans la vie politique,
et particulièrement dans les
événements de mai 68
à Paris.
Exposition
"Figuration narrative - Paris,
1960-1972", Grand Palais, 2008
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Publications
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2008
Le Chiffre de la peinture
- Michel ONFRAY - Galilée, 2008
2007
Jusqu'ici - Valerio ADAMI - Galerie Daniel
Templon, 2007
2000
Valerio Adami
: couleurs et mots - Entretiens avec Roger
Lesgards, Vonick Morel, Jacques Derrida -
Le Cherche Midi, 2000
1975
Valerio Adami : essai sur le formalisme
critique - Marc LE BOT - Galilée, 1975 |
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