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Valerio ADAMI
Du 27 JUIN au 27 SEPTEMBRE 2008

PEINTRE ITALIEN






Conférence - Débat
L'Oeuvre de Valerio ADAMI

Vendredi 26 septembre à 19h
Chapiteau des Jardins dans la Ville
(14,bis avenue de la 2éme DB - ARGENTAN)

En présence de Valerio ADAMI et de Michel ONFRAY

A cette occasion, Jean-Pierre DROUET,
percussionniste multi-intrumentiste et
compositeur français, proposera un concert.

Entrée libre

Présentation de l'artiste

Valerio ADAMI

Valerio Adami, le plus français des peintres italiens, partage sa vie et son travail entre Milan, Paris et Monaco. Il construit son univers sur la base de photographies et de documents découpés dans les journaux.
Ses tableaux sont toujours précédés d'un dessin extrêmement minutieux et fouillé, lequel débouche sur la construction complexe de traits noirs qui clôturent une couleur déposée en aplat et étalée sans dégradé et font penser à la ligne claire de la bande dessinée mais aussi aux vitraux des églises.

Valerio Adami réalise des compositions historiques, des portraits ou des hommages oniriques ou poétiques. Il s'inspire d'artistes ou d'écrivains qui font partie de son univers : Sigmund Freud, Pierre Boulez, Henry George...
Il a également réalisé des oeuvres pour des commandes publiques dont celles de la gare d'Austerlitz et la fresque du théâtre du Châtelet à la fin des années 80.
Depuis les années 90, l'artiste retourne au dessin figuratif, dessin qui "naît du corps".

Valerio Adami magnifie la grande tradition de l'énigme en peinture.
Son monde esthétique se constitue d'une grammaire sobre et, de ce fait, désorientante : à plats de couleurs simples, dessin dionysiaque, autrement dit trait vitaliste, légers hachurages pour des esquisses de volumes, et toujours une histoire à déchiffrer.
Cette exposition propose un parcours initiatique du peintre.

Michel Onfray

Biographie

Adami se forme à travers l'atelier de Felice Carena et rencontre à Venise Oskar Kokoschka. Après avoir étudié la peinture à l'Académie de Brera, à Milan, dans l'atelier d'Achille Funi, entre 1951 et 1954, Valerio Adami donne de premières toiles qui se rattachent à l'expressionnisme mais, très rapidement, il trouve un style propre, fait de formes cernées fortement par une ligne épaisse et traitées en aplats de couleurs pures ( influence surréaliste qui demeure sous-jacente dans son œuvre ) et sans ombres.

Lors de son premier voyage à Paris (1955), il rencontre Wilfredo Lam et Roberto Matta. Il obtient sa première exposition personnelle à Milan en 1957 et y expose ses premières œuvres influencées par Matta. À partir de cette date, il partage sa vie entre l'Italie et Paris tout en effectuant de nombreux voyages à travers le monde : Amérique du Sud, Inde (1957), Cuba (1967), Mexique (1970), etc. En 1968, il expose ses travaux au Jewish Museum de New York, en 1970 à Mexico City et à Jérusalem.

Au cours des années 1970, Adami s'affirme comme un des représentants notables de la Nouvelle figuration. Il développe un style pictural psychologique caractérisé par le dessin élaboré, que la couleur a pour fonction de détourner, modifier ou amplifier. Ses œuvres se singularisent par la saturation des surfaces coloriées où ne subsiste aucun blanc, aucune trace de doute ou d'inachèvement.

Il définit le tableau comme " une proposition complexe, où des expériences visuelles antérieures forment des combinaisons imprévisibles ". Le caractère figuratif de ses œuvres, minutieusement élaboré par de nombreux dessins préparatoires, ne doit pas faire illusion : il s'agit d'une reconstruction de la perception visant à l'appropriation d'images et non une référence directe à la réalité vue (" le tableau n'est pas fait de la même substance que la vision "). Les personnages, objets, paysages s'articulent en des compositions complexes où les rapports classiques d'espace et de profondeur sont entièrement bouleversés. Mais Adami a souvent été traité de "peintre classique" à cause de son travail sur la ligne. Cependant, il n'est jamais tombé dans "la redondance néo-classique des postmodernes".

En 1970, Adami s'installe à Paris où l'ARC - au musée d'art moderne de la Ville de Paris - lui consacre une exposition. En 1985, son œuvre fait l'objet d'une importante rétrospective au Centre Georges-Pompidou, et expose ensuite à Tel Aviv et à Buenos Aires. De 1970 à 1994, il expose à la Galerie Maeght qui deviendra la Galerie Lelong à Paris.

Son travail sur la mémoire, individuelle puis collective, le conduit à aborder dans les années 1970 des portraits de célébrités - James Joyce, Freud, Walter Benjamin - puis des paysages et des événements historiques - la Révolution française - intégrant des mots-titres peints avec soin qui font référence à la peinture ancienne. L'importance attachée par Adami au dessin, la manière dont il rapproche des éléments culturels, a été commentée par des philosophes comme Jacques Derrida ou Gilles Deleuze. Jean-François Lyotard lui a aussi consacré plusieurs études notamment sur son évolution. Il résume son travail par époque : les années 1960 correspondant au dénombrement des objets " que la consommation taille dans l'âme et le corps " ; les années 1970 marquant une série de portraits de penseurs, d'écrivains, de politiques de la " renaissance moderniste " et les années 1980 qui correspondent aux " Mémoires de l'amour, offrandes à l'impossible union, ex-voto aux métamorphoses du désir, monuments à la séparation et à la mort ".

Depuis la fin des années 1980, Adami a exécuté des peintures murales à grande échelle pour divers bâtiments publics : notamment en 1973-1974 pour la First National City Bank de Madison et en 1989 pour le foyer-bar du Théâtre du Châtelet à Paris. Il réalise également huit vitraux pour l'hôtel de ville de Vitry-sur-Seine (1985) et des tableaux monumentaux pour la salle des Pas perdus de la gare d'Austerlitz à Paris (1992). En 1993-1994, il a aussi réalisé quatre peintures monumentales pour le Park Tower Hotel à Tokyo, œuvre de l'architecte japonais Kenzo Tange.

Depuis 2004, une importante rétrospective lui a été consacrée au Musée Frissiras d'Athènes, et Adami a ensuite enchaîné plusieurs expositions personnelles en Italie, Finlande et Espagne. Actuellement, il travaille à la création d'une fondation consacrée au dessin à Meina en Italie. En 2008, une rétrospective lui sera consacré à la fondation Pomodoro de Milan. Et enfin depuis 2004, il est représenté par la galerie Daniel Templon à Paris.

Enfin on peut dire d'Adami que "Derrière sa froideur apparente, on pourrait dire l'élégance un peu dandy de la forme, Adami cache inquiétude, nervosité, impatience, et cela se déchiffre encore mieux dans ses dessins, qui procèdent aussi à une sorte d'introspection permanente de son travail, comme une sorte de journal intime." Alain JOUFFROY

Figuration narrative

La figuration narrative n'a jamais été un mouvement proclamé comme tel. Elle nait de l'action du critique d'art Gérald Gassiot-Talabot et des peintres Bernard Rancillac et Hervé Télémaque qui, en juillet 1964, organisent ensemble au musée d'Art moderne de la Ville de Paris l'exposition " Mythologies quotidiennes ".

Au moment même où le Pop Art triomphe à la Biennale de Venise (le Grand Prix de peinture est attribué en juin 1964 à Robert Rauschenberg) et s'impose en Europe, l'exposition " Mythologies quotidiennes " réunit des artistes qui, à l'instar de leurs homologues américains, placent la société contemporaine et ses images au cœur de leurs œuvres. Parmi eux, on compte Arroyo, Bertholo, Bertini, Fahlström, Klasen, Monory, Rancillac, Recalcati, Saul, Télémaque, Voss…

Quelques mois plus tard, le Salon de la jeune peinture est bouleversé par l'arrivée en force de jeunes peintres (Arroyo, Aillaud, Cueco….) qui se fixent comme objectif de faire à nouveau de l'art un outil de transformation sociale.

Force attractive, la figuration narrative rassemble ainsi, au cours des années soixante, des peintres venus d'horizons esthétiques ou géographiques différents. Adami, Erró, Fromanger, Stämpfli se joignent aux promoteurs de "Mythologies quotidiennes". Travaillant à partir de l'image photographique ou cinématographique, de l'imagerie publicitaire, de la bande dessinée ou même de la peinture classique, ils aboutissent à des œuvres qui détournent la signification première de ces représentations pour en révéler des sens inattendus, suggérer d'autres narrations, montrer leurs implications politiques.

Au cours de ces années, la figuration narrative se démarque de la neutralité sociale de l'Ecole de Paris aussi bien que du formalisme du Pop Art américain. Elle dénonce les aliénations de la vie contemporaine. L'effervescence de la fin des années soixante favorisera d'ailleurs l'engagement des plus militants parmi les peintres de ce mouvement dans la vie politique, et particulièrement dans les événements de mai 68 à Paris.


Exposition "Figuration narrative - Paris, 1960-1972", Grand Palais, 2008


Publications
2008
Le Chiffre de la peinture - Michel ONFRAY - Galilée, 2008

2007
Jusqu'ici - Valerio ADAMI - Galerie Daniel Templon, 2007

2000
Valerio Adami : couleurs et mots - Entretiens avec Roger Lesgards, Vonick Morel, Jacques Derrida - Le Cherche Midi, 2000

1975
’Valerio Adami : essai sur le formalisme critique - Marc LE BOT - Galilée, 1975