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Littérature mexicaine
Des rêves du passé à la détresse contemporaine
Ecrite dans la langue des Conquistadores, la littérature mexicaine s'est toujours située par rapport au pouvoir dans le rêve et la poésie. Mais, jusqu'à aujourd'hui, c'est la recherche de l'identité mexicaine qui demeure son principal ressort. C'est en maniant l'humour et une certaine férocité que les plus jeunes romanciers tiennent à distance angoisse et désespoir.
Les peuples qui habitaient le territoire qui couvre ce qui est aujourd'hui le Mexique n'avaient pas d'écriture, ou plutôt l'ont perdue car les Mayas en disposaient, longtemps avant l'arrivée des Espagnols. La conquête espagnole s'effectue ainsi grâce aux mots écrits et cette supériorité technique donne à l'écriture l'une de ses caractéristiques principales dans ce pays : elle est un outil de pouvoir. Si la colonie se distrait dans le domaine littéraire en composant des vers ou en pratiquant le théâtre, le roman est interdit par la métropole qui y voit au mieux un genre vulgaire et au pire une menace pour l'ordre social.
L'Indépendance et le XIXe siècle sont les temps des premiers romans avec Fernandez de Lizardi ou Manuel Payno. Mais avec la Révolution (1910-1920), le réel devient le vecteur de créations tour à tour épiques et désenchantées. Le roman mexicain connaît une formidable avancée avec Rafael F. Munoz, Mariano Azuela et Martin Luis Guzman.
Avec les années 50, après de nombreux bouleversements dans les domaines sociaux et politiques, le roman conquiert ses lettres de noblesse. Cette littérature commence à susciter un réel intérêt au-delà de ses frontières.
Le pays évolue rapidement depuis les années 1980 et après l'esprit contestataire de 1968, c'est toute la société qui se prend en charge à partir du tremblement de terre de Mexico en 1985. Les habitants de la capitale se mobilisent contre les abus et les vols du pouvoir qui détourne l'aide internationale.
Des voix émergentes se font entendre ; elles portent la détresse d'une génération qui n'a que l'humour et une froide lucidité pour tenter d'affronter une réalité cruelle qui semble souvent sans espoir.
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