Exposition Gérard Saint

 

EXPOSITION Gérard SAINT
DU 11 FÉVRIER
AU 17 MARS 2010 

 

 

Gérard Saint, coureur cycliste professionnel français, est né le 11 juillet 1935 à Argentan. Il trouve la mort à 25 ans, dans un accident de la route. Le stade d’Argentan porte son nom.

Gérard Saint était ce qu'on appelle un coureur complet, aussi à l'aise sur le plat qu'en montagne, et sur l'épreuve du contre-la-montre.

Devenu professionnel en 1959, il rejoint l'équipe Saint-Raphaël-Geminiani dirigée par Raymond Louviot. Son premier Tour de France, en 1959, a été le seul de sa carrière. Il y a remporté le titre de coureur le plus combatif et s'est classé deuxième du classement par points et troisième du classement des grimpeurs.

Cette exposition rétrospective est présentée à l'occasion du cinquantième anniversaire de sa mort et en partenariat avec Jacky Desquesnes, le musée du vélo “La belle échappée” (72) et l’office municipal des sports. Jacky Desquesnes lui a consacré un ouvrage intitulé "Gérard Saint ou l'espoir anéanti : gloire et mort d'un champion populaire des années cinquante" à paraître en mars 2010.

 

Vendredi 5 mars à 20h30 : Conférence " Gérard Saint " avec Jean Bobet, journaliste et frère de Louison Bobet.

 

Présentation de l'exposition

 

Une jeunesse rurale

Né à Argentan et ayant vécu dans une famille d'ouvriers agricoles du Pays d'Auge ornais, Gérard Saint a commencé à gagner sa vie en travaillant la terre. Né pauvre, il trouva d'abord dans le cyclisme un complément de revenu, puis, les succès aidant, une chance de promotion sociale. Il est représentatif de ces jeunes ruraux qui, surtout à partir de la fin des années cinquante, quittèrent la campagne. C'est en effet le moment où les usines s'installaient un peu partout, y compris dans les villes moyennes. Il s'installa, lui, à Argentan pour se consacrer au cyclisme et en faire son métier.

Un talent précoce

Après des débuts un peu hésitants, sa progression fut fulgurante. Il fit sensation lors de la finale du maillot des jeunes de Paris-Normandie courue contre-la-montre le 8 août 1954 en battant le record établi par Jacques Anquetil. Un an plus tard, au cours de la Route de France, qui était une très grande course à étapes destinée aux amateurs, il confirma ses qualités de rouleur et démontra dans les cols d'Aspin et du Tourmalet un surprenant talent de grimpeur. Engagé à vingt ans dans l'équipe professionnelle Saint-Raphaël-Geminiani, il fut très vite considéré comme un grand espoir du cyclisme français, dont la progression fut en fait retardée par des coups du sort.

Un rouleur d'exception

Spécialiste des contre-la-montre, Gérard Saint y brilla souvent. Mais il avait à affronter des adversaires de taille : Jacques Anquetil, Roger Rivière et Ercole Baldini, trois champions qui furent successivement détenteurs du record de l'heure. Il fut donc souvent classé deuxième derrière Anquetil (Grand Prix des Nations et Grand Prix de Lugano 1958). Il termina troisième de la dernière étape contre-la-montre du Tour 1959, derrière Rivière et Anquetil, mais battant Baldini. Il mettait aussi à profit son talent de rouleur dans des échappées solitaires, parfois très longues et, surtout, dans des démarrages très puissants. « Lorsque Gérard s'en va, autant essayer de rattraper un train express » disait-on dans le peloton.

Un tempérament d'attaquant

Bien avant de recevoir le prix de la combativité du Tour 1959, Gérard Saint était connu de tous pour son comportement de compétiteur. Grand animateur de courses dès ses débuts, il jetait toutes ses forces dans des échappées audacieuses, quitte à essuyer ensuite une défaillance. Dans le Tour de France 1959, il se porta à l'avant deux jours sur trois, et souvent plusieurs jours de suite. Il était capable d'attaquer sur tous les terrains : sur le plat, dans les côtes modestes comme dans les cols, mais aussi dans les descentes. C'était un des meilleurs descendeurs du peloton, avec tous les risques que cela comporte.

Un futur vainqueur du Tour de France

C'est ainsi que la plupart des journalistes et des commentateurs sportifs le plaçaient dans la hiérarchie du peloton à la fin de l'année 1959. Pour justifier leur jugement, ils avançaient plusieurs raisons : c'était un coureur comple, il avait une endurance lui permettant de supporter des efforts extrêmes pendant toute la durée de l'épreuve,  n'ayant pas peur de l'échec, il ne se montrait pas attentiste.

Cette dernière qualité comportait un inconvénient : ne se ménageant pas, il s'exposait à des coups de fatigue. Ceux qui doutaient un peu de ses chances se fondaient surtout sur cet argument.

Gérard Saint et les photographes

Sa taille exceptionnelle, sa minceur, son allure à vélo ont beaucoup inspiré les photographes de l'époque. Sur certaines images, ils ont visiblement voulu étonner le lecteur en le montrant, par contraste, auprès d'une personne de petite taille. Dans ce cas, si l'on regarde bien, les clichés ont été pris en contre-plongée, c'est à dire que le photographe a placé son appareil à moins d'un mètre du sol pour accentuer encore la grandeur. Parfois ils ont réalisé une véritable mise en scène (photos avec Robic). En revanche, quand ils voulaient montrer Gérard Saint à vélo, ils insistaient surtout sur ses qualités esthétiques. Ils l'ont donc photographié de pleine face ou de côté, à angle droit.

Pourquoi était-il populaire ?

Le public lui reconnaissait des qualités très diverses et complémentaires : une grande force athlétique, un style très élégant, une attitude de compétiteur et un grand courage physique et moral.

En plus, les journalistes insistaient sur ses qualités humaines (simplicité, gentillesse, capacité à s'exprimer devant la presse). Une partie du public le soutenait aussi à cause de la malchance qui le frappait parfois. Mais tous connaissaient son histoire personnelle. Ils estimaient donc que sa réussite sportive était la réparation méritée de l'injustice sociale subie dans sa jeunesse. Cela nous rappelle la façon dont on pensait la société dans ces années cinquante.

Gérard Saint et le service militaire

Victime de néphrite dans son enfance, Gérard Saint fut temporairement réformé lors du premier conseil de révision qu'il passa en 1955 (motif : présence d'albumine dans les urines). En 1958, il fut d'abord déclaré apte, puis de nouveaux examens conclurent à une réforme définitive. Mais, suite à des protestations liées au rappel des soldats du contingent en Algérie, il demanda apparemment à subir de nouveaux examens en avril 1959. On le reconnu alors bon pour le service armé numéro 3, ce qui voulait dire qu'on le dispensait de marches et... de sport. Il fut affecté à la 153e compagnie d'instruction du train à Auvours, près du Mans. C'est en regagnant ce camp après une permission qu'il se tua.

L' hommage exceptionnel des journalistes

Pour aider sa famille, le syndicat des journalistes sportifs de France, présidé par Félix Lévitan, futur directeur du Tour de France, accepta de réaliser gratuitement une brochure d'hommage, financée par la publicité. Ils rédigèrent des articles sans les signer et les journaux fournirent des photographies sans faire payer de droits. La brochure n'a pas d'éditeur, on n'y voit que le nom de l'imprimeur. Elle était vendue 2 nouveaux francs lors des grandes courses. Une équipe de fidèles du V.C argentanais obtint l'autorisation de se placer en fin de caravane du Tour 1960 afin de vendre cette brochure à la criée. On ne connaît pas d'autre initiative aussi forte dans l'histoire du cyclisme.

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