sam.

17

janv.

2015

Valério Adami

 

EXPOSITION
Valério ADAMI
DU 27 JUIN AU 27 SEPTEMBRE 2008 

 

 

Valerio Adami magnifie la grande tradition de l'énigme en peinture. Son monde esthétique se constitue d'une grammaire sobre et, de ce fait, désorientante : à plats de couleurs simples, dessin dionysiaque, autrement dit trait vitaliste, légers hachurages pour des esquisses de volumes, et toujours une histoire à déchiffrer. Cette exposition propose un parcours initiatique du peintre.

     Michel Onfray

Biographie

Adami se forme à travers l'atelier de Felice Carena et rencontre à Venise Oskar Kokoschka. Après avoir étudié la peinture à l’Académie de Brera, à Milan, dans l’atelier d’Achille Funi, entre 1951 et 1954, Valerio Adami donne de premières toiles qui se rattachent à l’expressionnisme mais, très rapidement, il trouve un style propre, fait de formes cernées fortement par une ligne épaisse et traitées en aplats de couleurs pures ( influence surréaliste qui demeure sous-jacente dans son œuvre ) et sans ombres.


Lors de son premier voyage à Paris (1955), il rencontre Wilfredo Lam et Roberto Matta. Il obtient sa première exposition personnelle à Milan en 1957 et y expose ses premières œuvres influencées par Matta. À partir de cette date, il partage sa vie entre l’Italie et Paris tout en effectuant de nombreux voyages à travers le monde : Amérique du Sud, Inde (1957), Cuba (1967), Mexique (1970), etc. En 1968, il expose ses travaux au Jewish Museum de New York, en 1970 à Mexico City et à Jérusalem.


Au cours des années 1970, Adami s’affirme comme un des représentants notables de la Nouvelle figuration. Il développe un style pictural psychologique caractérisé par le dessin élaboré, que la couleur a pour fonction de détourner, modifier ou amplifier. Ses œuvres se singularisent par la saturation des surfaces coloriées où ne subsiste aucun blanc, aucune trace de doute ou d’inachèvement.


Il définit le tableau comme « une proposition complexe, où des expériences visuelles antérieures forment des combinaisons imprévisibles ». Le caractère figuratif de ses œuvres, minutieusement élaboré par de nombreux dessins préparatoires, ne doit pas faire illusion : il s’agit d’une reconstruction de la perception visant à l’appropriation d’images et non une référence directe à la réalité vue (« le tableau n’est pas fait de la même substance que la vision »). Les personnages, objets, paysages s’articulent en des compositions complexes où les rapports classiques d’espace et de profondeur sont entièrement bouleversés. Mais Adami a souvent été traité de "peintre classique" à cause de son travail sur la ligne. Cependant, il n'est jamais tombé dans "la redondance néo-classique des postmodernes".


En 1970, Adami s’installe à Paris où l’ARC — au musée d'art moderne de la Ville de Paris — lui consacre une exposition. En 1985, son œuvre fait l’objet d’une importante rétrospective au Centre Georges-Pompidou, et expose ensuite à Tel Aviv et à Buenos Aires. De 1970 à 1994, il expose à la Galerie Maeght qui deviendra la Galerie Lelong à Paris.

Valerio Adami : La figuration narrative

La figuration narrative n’a jamais été un mouvement proclamé comme tel. Elle nait de l’action du critique d’art Gérald Gassiot-Talabot et des peintres Bernard Rancillac et Hervé Télémaque qui, en juillet 1964, organisent ensemble au musée d’Art moderne de la Ville de Paris l’exposition « Mythologies quotidiennes ». Au moment même où le Pop Art triomphe à la Biennale de Venise (le Grand Prix de peinture est attribué en juin 1964 à Robert Rauschenberg) et s’impose en Europe, l’exposition « Mythologies quotidiennes » réunit des artistes qui, à l’instar de leurs homologues américains, placent la société contemporaine et ses images au cœur de leurs œuvres. Parmi eux, on compte Arroyo, Bertholo, Bertini, Fahlström, Klasen, Monory, Rancillac, Recalcati, Saul, Télémaque, Voss…


Quelques mois plus tard, le Salon de la jeune peinture est bouleversé par l’arrivée en force de jeunes peintres (Arroyo, Aillaud, Cueco….) qui se fixent comme objectif de faire à nouveau de l’art un outil de transformation sociale.


Force attractive, la figuration narrative rassemble ainsi, au cours des années soixante, des peintres venus d’horizons esthétiques ou géographiques différents. Adami, Erró, Fromanger, Stämpfli se joignent aux promoteurs de «Mythologies quotidiennes». Travaillant à partir de l’image photographique ou cinématographique, de l’imagerie publicitaire, de la bande dessinée ou même de la peinture classique, ils aboutissent à des œuvres qui détournent la signification première de ces représentations pour en révéler des sens inattendus, suggérer d’autres narrations, montrer leurs implications politiques.


Au cours de ces années, la figuration narrative se démarque de la neutralité sociale de l’Ecole de Paris aussi bien que du formalisme du Pop Art américain. Elle dénonce les aliénations de la vie contemporaine. L’effervescence de la fin des années soixante favorisera d’ailleurs l’engagement des plus militants parmi les peintres de ce mouvement dans la vie politique, et particulièrement dans les événements de mai 68 à Paris.


Exposition "Figuration narrative - Paris, 1960-1972", Grand Palais, 2008

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