Willy RONIS

 

EXPOSITION
Willy RONIS
DU 23 AU 29 SEPTEMBRE 2007

 

 

Willy Ronis, 97 ans, a photographié le XX° siècle des gens modestes et du peuple de France : il est dans son domaine ce que fut Michelet dans le sien, un chroniqueur de l’histoire du pays. Fête de l’Humanité, Front Populaire, Congés Payés, Libération, Reconstruction – dont un reportage sur celle d’Argentan…- , ruralités provinciales, petits métiers des villes, noblesse du travail ouvrier, poésie de Paris, inhumanité de la modernisation bétonnée de la Capitale, magie des instants de la vie quotidienne – l’enfance, Noël, le jeu, le dimanche, la guinguette…

L’œil du photographe Willy Ronis est un œil de peintre : dans nombre de ses photographies, on retrouve Renoir ou Le Nain, Léger ou David, Millet ou Van Gogh, Poussin ou De Hooch. L’exposition d’été à la médiathèque se propose d’établir quelques unes de ces correspondances.

Michel ONFRAY

Willy Ronis apprend la photographie dans l'atelier de son père dès 1932. Il débute en 1936 en tant que reporter illustrateur (notamment pour Regards), photographie Paris pendant ses moments de repos, et les Alpes pendant ses vacances. Ses clichés sont alors souvent utilisés par la publicité (S.N.C.F., tourisme). Pendant la guerre, il s'installe en zone libre et arrête la photographie. De retour à Paris en 1945, il obtient des commandes de Life et réalise de nombreux reportages pour la presse illustrée : Point de vue, Le Monde illustré, L'Illustration, etc. Ronis se considère comme un artisan "photographe sur le vif", son exercice consiste à "maîtriser le hasard". Soucieux de transmettre des images lisibles, désireux de communiquer – et non pas d'émouvoir – il fixe les situations et les gestes du quotidien en retrait, avec discrétion. A partir de 1947, il photographie régulièrement le XXe arrondissement de Paris (photos éditées sous le titre Belleville-Ménilmontant, Paris, 1954). "Photographe-polygraphe", il rejette l'idée de spécialisation. Son activité s'étend aux domaines de la mode et de l'industrie. Il fait partie de l'agence Rapho et du Groupe des XV et participe aux annuaires internationaux (US Camera, Photography Year Book, etc.). En 1968, il entame une activité d'enseignant (I.D.H.EC., école Estienne, école des Beaux-Arts d'Avignon). Prix Kodak en 1947, prix Nadar pour son album Sur le fil du hasard en 1981, il participe à plusieurs expositions dont Six photographes et Paris en 1968 au Pavillon de Marsan. En 1983, Ronis fait donation de son œuvre à l'Etat, avec effet postmortem. Il est représenté dans de nombreux musées français.

Dictionnaire de la photographie des origines à nos jours – LAROUSSE