Exposition Marc PEREZ

 

AU BORD DU MONDE
Du NOVEMBRE 2016
AU 13 JANVIER 2017

Je n'évolue pas je voyage.

J'aime cette phrase de Fernando Pessoa qui semble résumer un peu ma démarche. Depuis une trentaine d'années, je me promène à travers des paysages intérieurs qui sont miens et que j'ai étrangement l'impression de découvrir. J'explore, à travers ma peinture ou ma sculpture, des espaces sur lesquels je tente de lever le voile. C'est bien cette aventure incertaine qui me plaît, cette errance qui me convient et me donne le sentiment de m'égarer jusqu'à me perdre pour mieux me retrouver. Il n'y a guère la recherche d'un but, la poursuite d'une idée, il n'y a pas non plus de progression, fruit d'une évolution qui pourrait être offerte par le temps. Non, il y a une aventure renouvelée périlleuse parfois, heureuse souvent…                                                               Marc Perez, 2017

 

Présentation de l'exposition

 

 

MARC PEREZ

 

Je ne suis pas marin.

L’ai-je été dans une autre vie ? Cela m’amuse d’y croire.

Je ne suis pas marin mais je navigue, et mon bateau c’est l’atelier.Tous les jours, je reprends la barre, je vois défile ces paysages intérieurs comme les appelait Zoran Music, je navigue encore et encore à la recherche des rivages de l’âme…

Tous les jours je retrouve mon embarcation avec le même rêve celui de voir venir des horizons nouveaux, de voir naître de nouvelles lumière. Mais tous les jours je retrouve la même impatience, les mêmes déceptions; Les paysages changent, mais trop lentement, de façon si imperceptible que le renoncement, semble être le seul horizon possible. Je retrouve les même peurs aussi… Je sais que le naufrage n’est jamais loin même par temps calme. Je sais que tous les jours il y a la crainte d’être à jamais perdu lorsque plus aucune terre ne se dessine. Et puis quand la houle se lève, les vagues, les vagues à l’âme, les courants, les tempêtes, les tourbillons m’emportent il faut aussi trouver cette force de ne pas sombrer.

Par bonheur de temps en temps, le paysage qui se transforme devant les yeux, au bout des doigts, surprend et submerge d’une excitation joyeuse. Le tableau ou la sculpture devient comme étrangère mais tellement proche aussi. Ces instants seuls justifient le voyage, ces instants qui font croire qu’enfin vous découvrez une terre nouvelle , qu’enfin vous avez réussi à vous décaler un peu de vous-même, ces instants qui vous fond rêver alors d’universel, puisque au fond de vous, dans ce voyage au bout de sa nuit on croit apercevoir les autres…

Mais l’accalmie est brève. Les joies s’estompent. Comme pour ce marin solitaire naviguant des jours durant autour d’une terre qu’il voit changer, émerveillé, avant de s’apercevoir qu’il revient à son point de départ …On ne navigue jamais qu’autour de soi.

Là est bien la ressemblance avec le marin ; ce rêve d’ailleurs, d’horizons nouveaux, ce rêve de devenir un autre avec les paysages qui changent malgré cela ce besoin si fort de fidélité à soi et à sa vieille embarcation à laquelle on s’accroche. Cette fidélité que certains appellent sincérité, et qui n’est peut être qu’un « obstacle que l’artiste doit vaincre » rappelle F. Pessoa. Obstacle que l’on doit sauter pour aller vers la grande aventure …

« L’aventure, la grande aventure c’est de voir surgir quelque chose d’inconnu chaque jour dans le même visage, c’est plus grand que tous les voyages autour du monde » … Le hasard m’a donné cette phrase, au terme de l’écriture de ce texte. Cette phrase d’Alberto Giacometti m’est arrivée au bon moment, comme pour me porter secours…                                                                                                    Février 2008

AFFICHE DE L'EXPOSITION________________________

 

POUR PLUS D'INFORMATIONS________________________

 

Retrouvez plus d'informations sur le site internet de l'artiste. 

http://art-magazine.org/marc-perez-peintre-sculpteur/


 


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